Comment se déplace-t-on à Tours et dans la Métropole ?

Les dernières données révélées par l’Insee nous permettent de mieux comprendre la manière dont nous nous déplaçons dans Tours et sa Métropole. Transports en commun, vélo, automobile… Tour d’horizon des résultats de cette grande enquête nationale.

Analyser nos habitudes déplacements est un exercice complexe tant elles peuvent être volatiles. Garer sa voiture à un parking relais pour prendre le tram, attacher son vélo et poursuivre à pied… Les pratiques dites intermodales sont difficiles à quantifier. Malgré tout, chaque recensement individuel mené par l’Insee est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur nos mobilités.

Les trajets domicile-travail à la loupe

L’Institut national de la statistique se concentre sur le trajet domicile-travail en posant la question suivante : “quel mode de transport principal utilisez-vous le plus souvent pour aller travailler ?“. Si une seule réponse est possible, 6 options sont proposées :

  • Pas de déplacement
  • Marche à pied (ou rollers, patinette)
  • Vélo (y compris à assistance électrique)
  • Deux-roues motorisé
  • Voiture, camion ou fourgonnette
  • Transports en commun

Chaque cycle de recensement dure 5 ans. Le temps de traitement des données étant conséquent, ce sont ainsi les chiffres 2017 qui viennent d’être publiés.

Que nous apprennent-ils ?

Les données publiées par l’Insee nous permettent ainsi de comprendre quel est le mode plébiscité par les Tourangeaux pour leurs déplacements quotidiens. Sans surprise, l’automobile arrive toujours en tête du podium avec plus d’un habitant sur deux (54%) qui déclare prendre son véhicule personnel. Nous sommes encore loin de l’objectif de 47% attendu en 2023, comme prévu dans le Plan de Déplacement Urbain (PDU) métropolitain. Les transports en commun, comprenant les autocars, les autobus et le tramway, tirent leur épingle du jeu. 22% des Tourangeaux disent les utiliser pour se rendre au travail. Le succès rencontré par le réseau Fil Bleu depuis la mise en service du tramway y est pour beaucoup.

Juste derrière la marche (12%), le vélo est en nette progression avec une part modale de 6,7%. Notons que lors de la dernière enquête de ce type, menée en 2008, ce mode de transport propre atteignait péniblement les 4%. Une belle performance qui s’est sans doute accélérée depuis 2017, notamment en cette période post-confinement. Des efforts importants restent encore à fournir, notamment en matière d’aménagement, pour atteindre l’objectif de 9% en 2023 comme le prévoit le PDU. Malgré tout, nous demeurons encore loin de Strasbourg et de ses 11,8%, première ville du podium tricolore.

Qu’en est-il de Joué-lès-Tours ?

A Joué-lès-Tours, commune desservie par le tramway, les chiffres sont tout autres. L’hégémonie de la voiture personnelle est sans appel. Les trois quarts des habitants optent pour ce mode de déplacement au quotidien. La seconde commune du département paye à la fois son manque d’action en faveur des mobilités douces et son positionnement aux portes de Tours. La marche et le vélo demeurent des pratiques extrêmement marginales avec respectivement 3,75% et 2,27%. Rappelons que le baromètre des villes cyclables lui avait attribué en 2019 la note de 2,68 sur 6 et une mention défavorable.

Seuls les transports en commun, dynamisés par la présence du tramway, se positionnent à une place honorable. Près de 14% des Jocondiens optent pour cette solution.

Un portrait contrasté au sein de la Métropole

A l’échelle métropolitaine, les résultats sont plus contrastés. Si là aussi l’automobile personnelle domine (67%), les transports en commun présentent un taux d’utilisation intéressant s’élevant à 15,5%. La marche (7,5%) et, à plus forte raison, le vélo (4,5%) constituent d’importantes réserves de report modal. En 2008, nous apprenions que 61% des Tourangeaux choisissaient la voiture pour parcourir entre 1 et 2 kilomètres. Un chiffre qui atteint 72% pour les trajets inférieurs à 4 kilomètres ! Ils constituent pourtant les deux tiers des déplacements au sein de l’aire métropolitaine.

A la lumière de ces nouveaux chiffres, nous constatons que le réflexe automobile est une réalité encore bien présente sur notre territoire. Il est la conséquence d’une urbanisation de moins en moins dense et qui ne cesse de s’étaler. En plus de détruire des espaces naturels, elle augmente mécaniquement les distances à parcourir et déclasse ainsi les modes de déplacement plus durables que sont les transports en commun, la marche ou bien encore le vélo. En Touraine, la ville des courtes distances n’est encore qu’une douce utopie.

Un prochain bilan en 2023

Ces nouvelles données de l’Insee constituent une première étape dans l’analyse de nos routines de déplacement dans l’espace métropolitain tourangeau. En se concentrant sur les trajets domicile-travail, elles excluent de facto les autres pratiques modales. L’évaluation du PDU, prévue pour 2023, devrait nous en apprendre davantage sur la diversité de ces usages.

A l’aune de la crise sanitaire que nous traversons, ces informations seront particulièrement intéressantes à étudier. Faisons le vœu pieux que l’usage du véhicule personnel poursuivra sa baisse tandis que celui des transports en commun se maintiendra et que la pratique de la marche et du vélo continuera son essor.

Alors que la pollution de l’air tue 48 000 Français chaque année et que la mortalité routière a enlevé 3 244 vies et blessée 70 490 personnes en 2019, il n’a jamais été aussi urgent d’adopter des modes de déplacement plus vertueux.

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